Interview filmé en novembre 2020
Dans cette vidéo, Jean-Pierre Lavorato (10e dan aujourd’hui, expert de karaté Shotokan) revient sur les déclics majeurs qui ont façonné sa pratique et sa vision du karaté. L’interview est centrée sur des sujets qui parlent à tous les pratiquants, du débutant motivé au professeur expérimenté : l’état d’esprit d’entraînement, le voyage au Japon, l’influence déterminante de Taiji Kase sensei, et une approche pragmatique du kata via le bunkai. Le tout, avec un message simple : progresser n’est pas une question de magie, mais de méthode, de rigueur et d’expérience vécue.

Le premier déclic est celui de la culture d’entraînement. Lavorato raconte une époque où l’on s’entraînait dur, parfois trop dur selon les standards actuels, mais avec une intention claire : sortir du statut de “bleu”, apprendre, endurcir le mental, développer l’engagement. Son idée n’est pas de glorifier la casse, mais d’expliquer une réalité : ce qui l’a fait progresser, c’est d’avoir multiplié les heures de pratique et d’avoir accepté d’être mis en difficulté. Cette logique reste valable aujourd’hui : sans régularité et sans intensité adaptée, il est difficile d’obtenir une progression solide en karaté, que ce soit en kihon, en kata ou en kumite.
Il revient ensuite sur ses débuts : il ne connaissait pas le karaté, il venait d’un autre sport (la gymnastique), puis il a découvert la pratique presque “par hasard” via un environnement sportif. Ce passage est important car il montre que beaucoup de parcours commencent ainsi : pas besoin d’être “né karatéka” pour devenir passionné. Ce qui compte, c’est de trouver un cadre, un professeur, et de s’engager dans un processus. Il explique notamment la place des katas et du travail technique, mais aussi l’importance du travail à deux et de la confrontation pour comprendre ce que l’on fait.
Le cœur du récit, c’est le Japon et la rencontre qui marque un tournant. Lavorato partage un voyage marquant, puis la venue en France d’un instructeur clé : Sensei Kase. Ce déclic n’est pas seulement émotionnel, il est pédagogique : l’entraînement devient plus structuré, plus exigeant, et surtout plus riche. Il évoque des séances intenses, des enchaînements techniques, du kumite, et le fait d’être constamment poussé hors de sa zone de confort. Là encore, l’idée est claire : la progression vient quand on accepte d’être “testé”, corrigé, et quand on s’expose à un niveau supérieur.
Un autre point essentiel de la vidéo concerne le bunkai. Lavorato insiste sur une chose : le kata n’est pas “juste l’ordre des mouvements”. Pour lui, l’enseignement prend de la valeur lorsqu’il mène à une compréhension réaliste : application, logique, sens du déplacement, distance, timing. Il explique aussi l’évolution de la pédagogie : à une époque, on pouvait empiler des enchaînements très complexes, au risque de perdre les pratiquants. Avec le temps, il a compris qu’il faut un cheminement : d’abord les bases, puis la complexité.
C’est là qu’il souligne un déclic très “evergreen” pour tous les arts martiaux : travailler les fondamentaux du corps. Il parle des points d’appui, des transferts de poids, de l’alignement, du bassin, et de la progression du mouvement “du sol vers le haut”. Cette approche rend la technique plus efficace et plus reproductible, et elle s’applique autant au karaté Shotokan qu’à d’autres disciplines.
Enfin, la vidéo se termine sur une note d’ouverture d’esprit : quel que soit le style, il ne faut pas dénigrer les autres écoles. Le karaté d’aujourd’hui est le résultat de multiples apports, et chaque pratiquant peut être fidèle à sa voie tout en respectant les autres. Un message simple, mature, et extrêmement utile à l’heure des débats stériles sur les réseaux.
👉 Si tu pratiques le karaté (ou un art martial), cette interview est une excellente piqûre de rappel : entraîne-toi avec intention, construis tes bases, cherche le sens, et laisse les déclics arriver… par le travail.




![Takashi Kinjô - Okinawa Karaté [documentaire]](https://www.imaginarts.tv/wp-content/uploads/2024/05/karate-takashi-koburyu-documentaire-300x300.jpg)
